Madagascar en 2009

Janvier et février 2009
En janvier 2009, de violentes émeutes secouent la capitale, les partisans du maire de la ville multiplient rassemblements et manifestations.

Le 26 janvier 2009, Andry Rajoelina amène ses partisans dans les rues de la capitale. Les partisans du mouvement orange s’en prennent à la télévision publique, la radio nationale et ciblent les biens du Président Ravalomanana. Plusieurs commerces (Citic, Jumbo Score, Courts, Magro, Suprême Center, Miroiterie de Madagascar…) sont par ailleurs mis à sac et incendiés. Le 31 janvier 2009, Andry Rajoelina s’autoproclame « en charge » de la République de Madagascar.

Le 7 février, Andry Rajoelina désigne sur la place du 13-Mai son Premier ministre « Monja Roindefo » et lui « donne » le Palais d’État d’Ambohitsorohitra. Ce dernier guide le mouvement Orange pour prendre le palais. Les forces de l’ordre ont quadrillé les alentours du palais (zone rouge). Une délégation du mouvement Orange, conduite par le général Dolin, entame des pourparlers avec les responsables du palais. Les gardes leur déclarent que le palais ne pouvait être envahi et qu’ils devraient tirer si jamais la foule forçait l’entrée. La délégation revenant vers la foule l’informe que les gardes allaient tirer mais celle-ci se rue sur le palais, la garde présidentielle ouvre le feu, tuant 28 manifestants et en blessant 212 autres. Plusieurs individus sont encore portés disparus jusqu’à ce jour59.

Mars 2009

Andry Rajoelina, poursuivi par la justice, se réfugie à l’ambassade de France le 6 mars 2009.

Le 16 mars 2009, dans la soirée, les militaires mutins prennent de force le Palais d’Ambohitsorohitra, usant de blindés et de lance-roquettes.

Le 17 mars 2009, Marc Ravalomanana démissionne de son poste de Président de la République sous la pression d’une partie de la population malgache appuyée par l’armée, il transfère l’intégralité de ses pouvoirs à un directoire militaire dirigé par trois généraux, qui ont, à leur tour transféré ce pouvoir à Andry Rajoelina. Ces changements sont considérés par l’ensemble de la communauté internationale comme un putsch que la France est la première à condamner. Le pays est dirigé pendant quelques heures par le vice-amiral Hippolyte Rarison Ramaroson, doyen du directoire militaire. Ce dernier transmet le « pouvoir » à Andry Rajoelinaprésident de la Haute Autorité de transition (HAT) en attendant la tenue de nouvelles élections qu’il annonce dans les vingt-quatre mois à venir. Il prête serment le21 mars 2009 au Stade municipal de Mahamasina noir de monde et devant une foule en transe.

En retour, le 23 mars 2009, une poignée de personnes se rassemblent dans le centre de la capitale malgache pour dénoncer la prise de pouvoir illégale d’Andry Rajoelina et réclamer le retour du président Marc Ravalomanana en l’appelant affectueusement « dadanay ». Cette manifestation est réprimée par l’armée de M. Andry Rajoelina.

Le 27 mars, Andry Rajoelina accorde la grâce présidentielle à une partie des prisonniers politiques.

Avril 2009

Début avril, les assises nationales sous la présidence de la Haute Autorité de Transition (HAT) fixent la tenue d’un référendum constitutionnel en septembre 2009, des élections législatives en mars 2010 et une élection présidentielle en octobre 2010, en l’absence des représentants du Tiako i Madagasikara (en), le parti de Marc Ravalomanana, tenant des assises séparées tandis que des tentatives de conciliations diplomatiques sont engagées. Auparavant, le premier ministre par intérim du régime de transition dirigé par Andry Rajoelina, le général Charles Rabemananjara, transfère son pouvoir à Roindefo Monja.

Le 14 avril, Marc Ravalomanana en exil au Swaziland nomme à son tour un Premier ministre « légal », Manandafy Rakotonirina (en) et revient sur sa démission présidentielle du 17 mars. Cette nomination, est aussitôt dénoncée par le pouvoir en place et le ministre de la justice de la HAT lance un mandat d’arrêt contre le président déchu et son ministre des Finances. L’ONU et les officiels étrangers sont ballottés. Le lendemain, la HAT nomme 11 nouveaux ministres qui rejoignent le gouvernement le 31 mars. Le 29 avril, arrestation du Premier ministre désigné de l’ex-président en réunion politique avec Ihanta Randriamandranto tête du partiTEZA, des femmes tananariviennes se désignant « légalistes ». 30 avril, le président de l’Assemblée nationale, Jacques Sylla, assisté de parlementaires, renouvelle son serment de continuer à servir la nation malgache.

Mai 2009

Le président de l’Union africaine affrète un avion spécial pour le président de la HAT, pour un séjour non officiel de concertation, de 3 jours en Libye. Des représentants de l’UA, de la SADC, de l’OIF et de l’ONU organisent à l’hôtel Carlton de la capitale une table de négociation avec les quatre principaux partis politiques malgaches actuels.

Marc Ravalomanana s’est exilé en Afrique du Sud et accuse le gouvernement français de se comporter en colonisateur inassouvi.

Le vol Air Madagascar du 27 mai 2009 à destination directe de la France est réquisitionné par Andry Rajoelina sans que les passagers ne soient prévenus et fait un détour par Dakar où la HAT se concertera aussi avec le président sénégalais Abdoulaye Wade.

Un parti vert « hasin’i madagasikara » naît en faveur d’une politique écologique.

Juin 2009

La SADC reconnait la présence de Ravalomanana comme chef d’État à sa conférence annuelle. Pour la première fois depuis la dernière guerre mondiale, les forces armées malgaches installent un périmètre d’alerte dans la défense préventive des frontières du pays, à la suite de rumeurs d’intervention militaire de la SADC.

Le Koweït octroie plusieurs millions de dollars des États-Unis à investir dans les infrastructures routières. Orange (France Telecom) achève la liaison de Madagascar au monde par la fibre optique.

Le 15 juin, une bombe artisanale explose sans faire de victime dans un supermarché Leader Price de la capitale (c’est la première fois depuis la révolution de 1976).
L’exécution de commerçants par des expéditions de gangs armés s’amplifient.

Juillet 2009

Des rumeurs d’un coup d’État par des mercenaires étrangers à la solde du parti Ravalomanana. Plusieurs attentats à la bombe artisanale sont signalés dans la capitale.

La Croix-Rouge de Madagascar ouvre les premiers Restos du Cœur malgaches avec le soutien initial de l’ambassade de France.

Septembre 2009

La 64e session de l’assemblée générale de l’ONU intègre Andry Rajoelina président de la HAT de la république de Madagascar mais la SADC par son représentant s’y oppose à sa prise de parole comme veut la tradition onusienne.

Octobre 2009

Le Groupe international de contact propose l’application partielle des accords de Maputo, à l’hôtel Carlton d’Antananarivo le 6 octobre. Eugène Mangalaza devient Premier ministre le . Mais cette proposition est incomplète car les chefs des 4 mouvances n’ont pas signé le texte. La réunion des 4 mouvances va se dérouler à Addis Abeba en Éthiopie du 3 au 6 novembre 2009.

Novembre et décembre 2009

Les 4 mouvances ont prévu de se réunir à Addis Abeba pour concrétiser les engagements prévus par la charte de Maputo. La mouvance Marc Ravalomanana a tout fait pour que ces discussions n’aboutissent à rien de concret en changeant d’avis toutes les 24 heures. Les réunions d’Addis-Abeba ont abouti sur la signature d’un Acte additionnel à la Charte de Maputo en nommant Andry Rajoelina Président de la Transition, Eugène Mangalaza Premier Ministre de la Transition, et Fetison Rakoto Andrianirina et Emmanuel Rakotovahiny coprésidents du Conseil Présidentiel. Une fois rentrées au pays les délégations ont continué les discussions en vue de mettre en place les différentes institutions prévues par la Charte de Maputo, ainsi que son Acte additionnel, signés à Addis-Abeba. Cependant, la composition du gouvernement d’union nationale pose beaucoup de problèmes, les parties n’arrivant pas à trouver un terrain d’entente. Finalement, le dialogue semble rompu le 8 décembre du fait de la réunion des autres chefs de mouvance à Maputo durant laquelle ils ont signé un document répartissant les portefeuilles ministériels sans le consentement du Président Andry Rajoelina. Une lettre officielle de la Haute Autorité de Transition a été envoyée au gouvernement du Mozambique pour lui signifier la rupture des vols entre les deux pays. Une autre lettre de la HAT a été également envoyée aux autorités d’Afrique du Sud pour interdire une liste de personnalités de prendre un vol en direction de Madagascar. Les leaders des 3 mouvances citées dans cette lettre étaient donc retenus plusieurs jours en exil forcé en Mozambique et en Afrique du Sud. Le 18 décembre 2009 le Président de la Haute Autorité de la Transition signe une ordonnance (no 2009-018) réorganisant le régime de la Transition. C’est la fin des mouvances à Madagascar.

Référendum du 17 novembre 2010 et Quatrième République

Référendum, par lequel la population fait son choix par OUI ou NON au suffrage universel direct sur le changement de la Constitution.

Par ce référendum le régime semi-présidentiel de la constitution de la Troisième République révisée en 2007 (J.0 N° 3104 du 03 mai 2007 P.2897) est remplacé par un régime semi-parlementaire, selon l’article 54. de la Constitution 2010: « Le président de la République nomme le Premier ministre, présenté par le parti ou le groupe de partis majoritaire à l’Assemblée nationale ».

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