Points de presse à Londre


Point de presse du Président Hery Rajaonarimampianina avec les journalistes anglo-saxons
Londres, 06 septembre 2017
En marge du Forum Royaume-Uni Madagascar sur le Commerce et les Investissements, Le Président Hery
Rajaonarimampianina a eu une rencontre avec les média anglo-saxons, dont, BBC, Voice Of Africa, l’agence de
presse Reuters et CBI Publishing. Les questions posées, auxquelles le Chef de l’Etat malagasy a répondu sans
ambages, ont abordé différents sujets intéressant les investisseurs. En voici la teneur :
L’énergie et les mines ont été présentées aujourd’hui au forum, mais quelles sont les secteurs prioritaires pour votre gouvernement ? Aujourd’hui on a parlé particulièrement de deux secteurs : le secteur de l’Énergie et le secteur des Mines.
Mais ce n’est pas les seuls secteurs où nous portons nos priorités à Madagascar.

D’après ce que nous avons entendu ici, d’après les études que nous avons mené, ce sont deux secteurs qui pourraient intéresser fortement. C’est pourquoi on a présenté ces deux secteurs, mais il y en a d’autres. En dehors de l’Énergie et des Mines, je pourrais par exemple vous parler du secteur agricole. C’est un secteur où il y a beaucoup d’opportunités parce qu’on souhaiterait développer de l’agro business à Madagascar. Il y a aussi le secteur du Tourisme, qu’on souhaiterait développer en proposant de produits très particuliers à Madagascar comme l’écotourisme. On sait que le Royaume-Uni est très intéressé par l’environnement et par la biodiversité, c’est pourquoi je suis convaincu que le secteur de l’environnement aussi, couplé avec le secteur du Tourisme, pourrait être un secteur important et constitue aussi des opportunités pour les investisseurs et pour le pays.

Parce que l’esprit qui préside dans le cadre des relations avec les investisseurs est toujours le principe du gagnant-gagnant, ou le win-win.
Pourquoi on a parlé d’Énergie, parce que l’Énergie occupe aujourd’hui une place très importante dans les discussions au niveau international, à cause du changement climatique, à cause des opportunités qu’offrent les nouvelles technologies dans l’Énergie, et surtout, avec l’introduction et l’engouement de tous les pays aux énergies renouvelables. Donc, comme nous sommes aussi dans cette transition énergétique et que les opportunités sont là, elles sont ouvertes à tout le monde aujourd’hui.
Les Mines, bien évidemment, nous avons souhaité aussi dire que les Mines constituent un secteur très large et très varié, parce que ça peut partir des pierres précieuses, des pierres industrielles, jusqu’au secteur du gaz, du pétrole, etc. Donc, tout cela existe à Madagascar, et tout cela constitue véritablement des opportunités. Donc, voilà les secteurs qui sont ouverts.

Il appartient à chacun de voir dans quel secteur il souhaiterait s’investir. Nous allons donner des informations et nous allons travailler avec eux pour vraiment les accueillir avec les accommodations les plus fraternelles possibles.


Les impacts négatifs de l’industrie minière et de l’écotourisme sur l’environnement et la biodiversité ?
Il appartient à l’État effectivement d’assurer un équilibre entre l’exploitation minière et la protection de l’environnement et de la biodiversité. Vous avez raison, dans plusieurs aires protégées à Madagascar, il y a des Mines d’or, il y a des mines de saphir, il y a des terres rares, et il appartient à l’État de mettre en place un cadre légal pour protéger d’abord l’environnement. Ça c’est important. Il faut qu’on protège cet environnement, à la  limite il faut qu’on reconstitue cet environnement. Mais cet équilibre, rassurez-vous, nous allons le respecter.

Quels impacts économiques attendez-vous des gros investissements actuels dans les infrastructures aéroportuaires ?
Vous savez, Madagascar est un peu éloigné, j’allais dire du centre du Monde, de l’Europe en particulier.
Donc, un des moyens qui permettra aux investisseurs, aux touristes, aux visiteurs d’aller à Madagascar, c’est par la voie aérienne. C’est pourquoi nous avons pris cette décision d’améliorer, de moderniser nos aéroports. Pour l’instant nous avons modernisé nos deux grands aéroports : à Antananarivo la Capitale et à Nosy-Be, qui est une île touristique. Mais nous n’allons pas nous arrêter là.

Qu’est ce que cela va apporter?

Ça va apporter une nouvelle image du pays.

Lorsque vous venez à Madagascar, la première image que vous aller voir c’est l’aéroport, et bien la dernière image aussi. C’est bien d’avoir ça. Ça permet d’augmenter les capacités d’accueil. Donc aujourd’hui, on estime qu’on pourra accueillir jusqu’à 1,5 Millions de passagers à Antananarivo et ça nous permettra de mettre à disposition des touristes, des infrastructures à la fois beaucoup plus modernes, et beaucoup plus sécurisées. Ça va entraîner nécessairement une augmentation des impacts au niveau économique. Donc, venue des touristes, venue des visiteurs, tout cela va développer le tourisme, ça va augmenter aussi le nombre des investisseurs qui viennent et ça va augmenter non seulement les touristes et les investisseurs, mais aussi les scientifiques qui viennent pour des recherches. Vous en avez beaucoup ici en Angleterre, des universitaires qui viennent pour la

biodiversité et au niveau de l’environnement.


Ces projets sont menés dans un cadre PPP, qu’en est-il de la législation ?
Oui, nous avons déjà mis en place une législation, donc la loi est là sur les PPP ou le Partenariat PublicPrivé. La première expérience c’est déjà cette grande expérience avec les aéroports. Et je crois qu’en Afrique c’est une grande expérience que nous souhaiterions multiplier sur d’autres projets et dans d’autres secteurs.


Quand pensez-vous adopter un nouveau code minier ?
Tout d’abord, au niveau de la législation minière que ce soit le code minier ou les grands investissements miniers, pour l’instant, il n’y a pas de changement. Il y a des projets de modification qu’on souhaiterait apporter aux textes. Mais tout cela dépend aussi de l’environnement, à la fois national et international, du secteur des Mines. Vous savez très bien que les prix au niveau des produits miniers ont chuté depuis quelques années, donc tout cela amène une réflexion relativement profonde. Je ne peux pas vous dire quand est-ce que ça va changer parce que lorsqu’on a voulu changer, compte tenu de cet environnement, on a arrêté, parce que, ce qui existe aujourd’hui est vraiment attractif et bénéfique pour tous les investisseurs.

Donc pourquoi changer?

Par contre ce que je voudrais vous dire c’est que si on changeait, les nouveaux venus vont s’aligner sur les nouveaux codes, et ceux qui sont déjà entrés avec les anciens textes, resteront avec les anciens textes, sauf si les dispositions dans les nouveaux sont meilleures. Donc on applique le meilleur des deux, tout cela pour assurer une stabilité pour les investisseurs.
Vous allez avoir des élections en 2018, pensez-vous retoucher ce code minier avant cette échéance ?
Je pourrais vous répondre aujourd’hui parce qu’on évalue la situation de manière permanente.


On sent que Madagascar est plus dynamique depuis les trois dernières années, ne craignez-vous pas qu’avec les élections, on revienne à une instabilité politique qui freinerait les investisseurs ?
Je crois que mon rôle aujourd’hui est de mettre en place la stabilité et c’est tous les jours pour mettre en place cette stabilité, et ça a donné des résultats que l’on pourrait considérer comme positifs au niveau de l’économie, au niveau de la venue des investisseurs à Madagascar. Je voudrais vous dire tout simplement qu’on va gérer la situation pour que cette stabilité soit maintenue. Les élections arrivent toujours à un moment où à un autre dans la vie d’un pays. Mais je crois que le plus important est de pouvoir bien gérer tout cela pour le bien de l’ensemble de la population.


Concernant la diaspora malgache, quel rôle attendez-vous qu’elle mène en termes d’investissement à Madagascar ?
Un rôle beaucoup plus officiel, beaucoup plus présent, beaucoup plus actif. Nous comptons effectivement
sur la participation de la Diaspora au développement du pays. C’est la raison pour laquelle, au mois d’octobre, nous allons organiser une réunion de toutes les diasporas Malagasy à Antananarivo, tout ça, pour les mobiliser.

Y-a-t-il des mesures incitatives pour les encourager dans ce sens ?
Il n’y a pas encore de mesures vraiment particulières, il faut être honnête. Mais je crois qu’à travers cette rencontre, on va pouvoir identifier les axes ou les mesures qui pourraient être prises pour encourager les initiatives.


Qu’en est-il de la Jirama, financièrement, du coût de l’électricité ?
Vous savez, comme je le disais, nous sommes dans le cadre d’une transition énergétique. Et dans le cadre de cette transition énergétique, nous voudrions vraiment renverser la situation, parce que aujourd’hui 3/4 de la production d’électricité à Madagascar sont fournies par des générateurs, qui utilisent du diesel ou du fuel lourd.
Les coûts sont chers et aujourd’hui, l’objectif c’est de réduire les coûts de production d’électricité.

Deuxièmement, aujourd’hui vous parlez de la Jirama, nous subventionnons encore, l’État subventionne la Jirama, c’est-à-dire, le prix de l’électricité aujourd’hui. Nous devons donc travailler aussi pour réduire les subventions qui sont accordées à la Jirama. Ce que je pourrais vous dire, c’est que nous sommes dans cette transition vers les énergies renouvelables à moindre coût, des énergies propres et qui sont en abondance à Madagascar. Nous avons effectivement lancé des appels d’offres, différents appels d’offres. On connaît déjà un peu les adjudicateurs. Et je suis convaincu que la réforme du secteur est en marche en très bonne voie, et les résultats sont déjà et seront encore très positifs.


Pensez-vous mener à bien cette transition énergétique avec les privés ou uniquement par le biais de la Jirama ?
Les deux !
Est-ce que la centrale de Mandroseza serait un modèle ou est-ce juste un cas ?
Non, ça peut être un modèle. Mais je pense qu’il y a plusieurs modèles qu’on pourrait mettre en place.
Vous savez, ce qu’on a mis en place à Mandroseza utilise toujours du fuel lourd. C’est déjà un grand avantage car le fuel lourd coûte deux fois moins cher que le diesel qu’on utilise aujourd’hui. Donc, on a toujours besoin de générateurs parce que le solaire n’existe que huit heures par jour, donc on a besoin de générateurs. Je crois que la meilleure solution pour nous aujourd’hui c’est de développer les énergies renouvelables, tout en maintenant un système d’hybridation. Un système hybride, c’est à dire avoir toujours les générateurs, mais qui utilise soit du fuel lourd, soit, pourquoi pas du gaz, qui est aussi moins cher.


Y-a-t’il eu des réformes du cadre qui régit le secteur de l’électricité ?
Si ! On a des projets de réformes. On a des textes qui sont déjà votés ou qui sont encore en cours d’amélioration. Mais je pense que tout le cadre juridique est déjà en place. Ça pourrait toujours être amélioré !


Votre Constitution prévoit que vous démissionnez 60 jours avant la date des élections présidentielles, êtes-vous enclin à réviser la Constitution ?
Le changement de la Constitution ne dépend pas du Président de la République uniquement. C’est le peuple qui a voté Ça. Je pense que les discussions sur ce sujet sont en cours. Donc, on attendra l’évolution de ces discussions.


Etes-vous en faveur de la changer ?
Vous savez, pour moi, c’est la voix de la majorité qui est importante. Donc, le Président est là pour écouter et si cette majorité souhaiterait que pour une meilleure stabilité, on devrait le faire, on verra. Mais je crois que le plus important c’est la stabilité politique. J’ai déjà invité tout le monde, toutes les parties prenantes, à être conscients que la stabilité est importante pour le développement d’un pays. Donc, j’invite et je réinvite encore tout le monde à réfléchir et à travailler pour la mise en place de cette stabilité, c’est important!
Merci à vous !

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