Morondava

Compte-tenu de la situation à Morondava ces derniers jours, le Président de la République p.i, Rivo Rakotovao, a tenu à se rendre sur place ce 1er octobre, à la tête d’une forte délégation gouvernementale composée des Ministres de la sécurité publique, du Secrétaire d’Etat à la Gendarmerie nationale, du Ministre de l’intérieur et son homologue de l’agriculture et de l’élevage, des représentants du Ministère de la Justice, entre autres. Il s’agissait de constater la situation à Morondava, et de s’entretenir avec les autorités locales pour discuter ensemble des solutions aux problèmes.
Pour rappel, la semaine dernière, des manifestations ont dégénéré en actes de vandalisme, ayant provoqué une perte en vie humaine dans le district de Morondava. Deux faits sont à l’origine des manifestations.                                                                                                                                                                  Le premier concerne le manque d’eau dans le canal de Dabaraha, qui irrigue les rizières de Mahabo à Morondava. Chaque année, en période sèche, le niveau de l’eau baisse, et des mesures de partage équitable sont prises, par consensus. Seulement, des personnes malveillantes ont constamment fermé les vannes du canal pour retenir l’eau à Mahabo, ce qui a mis les autres riziculteurs en colère.                      La seconde raison est la décision de la Cour d’appel de Toliara d’accorder la liberté provisoire à deux personnes inculpées dans un vol de zébus et un meurtre.
Ces deux faits ont provoqué la tension dans le district de Morondava ; mais un autre est aussi venu aggraver la situation, en l’occurrence une annonce diffusée à maintes reprises par une radio locale, incitant les villageois mécontents à sortir dans la rue et à manifester leur colère de façon violente. Ainsi, les manifestations ont dégénéré en actes de vandalisme, et des bâtiments ont été notamment détruits, dont le poste de la Gendarmerie nationale à Analaiva qui a été incendié.                                                             Lors de cette attaque, les manifestants étaient armés, et, dans les échanges de tirs, un civil a été tué. A l’heure actuelle, un couvre-feu est en vigueur à Morondava, et les points d’ouverture des vannes sur le canal de Dabaraha sont gardés par des gendarmes pour que personne ne puisse les fermer.
Le Chef d’Etat, Rivo Rakotovao, s’est rendu au barrage hydroagricole d’Antevamena, à 30 km de Morondava, puis à Analaiva pour voir les locaux incendiés de la gendarmerie. Il a ensuite dirigé une réunion de travail avec les autorités locales à l’hôtel Bougainvilliers, à Morondava.                                       Le Président de la République p.i a fermement souligné que dans un Etat de droit, personne ne peut inciter à l’émeute, au nom de la démocratie. Il a également lancé un appel à la raison aux forces politiques de Morondava. « Nous ne pouvons pas accepter que des politiciens manipulent des villageois en colère, et les incitent à la haine et à la violence. » a-t-il déclaré. Il a notamment annoncé que des mesures seraient prises à l’encontre de ces personnes qui ont appelé à la violence à travers la station de radio.
Concernant le canal de Dabaraha, le Président Rivo Rakotovao a affirmé que chacun doit assumer sa part de responsabilité, et s’en tenir au bon sens. « Nous sommes en période sèche, le niveau de l’eau va encore baisser dans les jours à venir, avant la saison des pluies. Il faut que nous soyons solidaires, qu’on partage l’eau, dans un esprit de Fihavanana, au lieu de s’entretuer », a-t-il indiqué. Il a notamment annoncé qu’une solution à long terme est déjà en cours d’élaboration, prévoyant  notamment l’élargissement du canal de Dabaraha pour qu’il achemine plus de volume  d’eau.                                                                                                                                                                                     Le Président p.i a annoncé qu’un financement de projet est déjà en cours de négociation, car il faudra environ 30 à 50 millions d’euros pour le réaliser. Et concernant la décision de la Cour d’appel de Toliara, il a précisé que, dans un Etat de droit, il y a la séparation des pouvoirs, et cela veut dire que l’Etat ne peut en aucun cas s’immiscer dans les décisions de justice. « Mon devoir, en tant que Président par intérim, est de garantir des élections libres et dans le calme, et de confier un pays et un Etat sereins au Président de la République qui sera élu par le peuple. » a conclu le chef d’Etat, Rivo Rakotovao.

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