Madagascar de 1991 à 1996

1991

L’opposition à Didier Ratsiraka s’amplifie. Des manifestations populaires sont réprimées par l’armée, faisant de nombreuses victimes. Il s’est avéré nécessaire de rapprocher les protagonistes. Le Premier ministre Guy Razanamasy a fait adopter la Convention du 31 octobre 1991. C’est sur la base de cette convention que les autres solutions de sortie de crise se fondaient.

1992

Après une brève période transitoire où le président Ratsiraka n’assurera qu’une fonction symbolique au profit de Albert Zafy qui dirigera la Haute Autorité de l’État, une nouvelle Constitution est adoptée par référendum, et Albert Zafy, candidat de l’opposition, est élu à la présidence en 1993.

1993

Instauration d’un régime parlementaire. L’Assemblée nationale élit Me Francisque Ravony, au poste de Premier ministre. Début d’un libéralisme économique et politique sans précédent. La démocratie est devenue le leitmotiv du régime de Zafy, soucieux de se distinguer de son prédécesseur. Il instaure aussi un nouveau style de gouvernement voulant selon lui se rapprocher et être au contact du « peuple ». Il multiplie les tournées en province et dans les campagnes les plus reculées (le fameux « Mada Raid »), délaissant ainsi la capitale où se joue un jeu politique des plus mouvementés. Il s’ensuit une certaine instabilité politique caractérisée par les multiples motions de censure et changements de gouvernement, situation que le Président Zafy n’a de toute façon pas le pouvoir de maîtriser. Par ailleurs, l’ajustement structurel de l’économie est au point mort, la croissance tant attendue et promise n’est pas au rendez-vous, les dirigeants malgaches s’étant de plus aventurés et égarés dans les « financements parallèles ». Le torchon a fini par brûler entre Albert Zafy et son Premier ministre soutenu par les députés de la majorité. Le président a dû faire appel à un référendum constitutionnel donnant le pouvoir au président de la République de nommer le Premier ministre afin de destituer Me Ravony, remplacé par le Dr Emmanuel Rakotovahiny.

1996

Cet amendement de la Constitution sonna quelque peu le glas du parlementarisme, ce qui provoqua une guerre ouverte entre le président et les députés, laquelle se soldera d’abord par une nouvelle motion de censure du gouvernement et surtout par le vote en juin 1996 de la motion d’empêchement définitif du président par 93 députés sur 135. Le Premier ministre Norbert Ratsirahonana devient chef de l’État par intérim en attendant les nouvelles élections. L’amiral Didier Ratsiraka, rentré quelques mois plus tôt de son exil en France, est réélu au 2e tour de l’élection présidentielle (contre Zafy). Madagascar connaît une période de stabilité économique jusqu’en 2001 avec 4,3 % de croissance annuelle moyenne.

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