Hausse de 8% pour le salaire minimum dans les entreprises privées.

Le salaire minimum a été revalorisé. Le gouvernement a adopté mardi 28 février un décret en ce sens : une hausse de 8% sera appliquée dès ce mois de février sur le salaire minimum dans les entreprises privées. De 144 000 ariary par mois, le SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) passe à 155 000, soit de 43 euros à 47 euros. Une augmentation censée permettre aux travailleurs les moins rémunérés de rattraper la hausse des prix.

Onze mille ariary, soit 3,30 euros en plus par mois pour les salaires les plus bas. C’est ce qu’impose le décret du gouvernement aux entreprises privées. Une augmentation qui correspond à la hausse du coût de la vie pour Gil Razafintsalama, membre du Groupement des entreprises de Madagascar et patron d’une société de matériel informatique. « La hausse de 8% est correcte, explique-t-il, relativement acceptable. Elle a été calculée en fonction du taux d’inflation. C’est vrai qu’il va y avoir peut-être des entreprises qui vont avoir quelques difficultés si elles sont dans des secteurs où il y a moins de valeur ajoutée ; les petits commerces par exemple auront peut-être du mal à appliquer cette hausse. »

Une augmentation pourtant obligatoire. C’est ce que rappelle le ministre de la Fonction publique, du travail et des lois sociales. Jean De Dieu Maharante invite « les travailleurs à dénoncer anonymement les entreprises qui n’appliqueraient pas cette hausse ».

Si ce coup de pouce aux salaires les plus bas était attendu, ce décret laisse cependant beaucoup de travailleurs à faibles revenus, mais supérieurs au SMIG, sur le banc de touche. C’est le cas de Célestin, gardien d’immeuble : « Je gagne 160 000 ariary (48 euros) par mois donc je ne suis pas concerné par l’augmentation de 8%, pourtant mon salaire n’est pas suffisant. La vie est très chère ici. Je n’arrive pas à payer mon loyer, l’électricité et l’école pour mes deux filles. C’est pour ça qu’on aimerait bien que cette augmentation s’applique aussi à nos petits salaires. »

Un droit dont ne jouiront pas non plus les salariés des entreprises informelles, un secteur qui concerne 9 emplois sur 10 à Madagascar.

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