Fin du 5ème sommet Afrique-Europe

Le cinquième sommet Afrique-Europe a clôturé ses travaux ce 30 novembre à Abidjan. Deux jours durant, les Chefs d’Etat et de Gouvernement se sont penchés sur l’avenir des relations entre l’UE et l’Afrique, en mettant l’accent sur l’investissement dans la jeunesse pour un avenir durable, thème du sommet. Il s’agit d’un défi, autant pour l’Afrique que pour l’UE, l’Afrique dont 60 % de la population a moins de 25 ans.  Pour le Président de la République, Hery Rajaonarimampianina, « La vision de l’Afrique a évolué. Elle ne focalise plus ses relations avec l’UE sous le seul angle de l’aide et des financements, à un moment également où des questions se posent, telle que celle de la migration.  Les relations entre l’Afrique et l’Union Européenne devraient évoluer, et donner un sens nouveau à la coopération et au partenariat. »
Aucune déclaration finale n’est venue clôturer le sommet d’Abidjan car les deux parties ne sont pas parvenues à un consensus sur l’avenir de l’Accord de Cotonou qui devrait expirer en 2020.
D’autres dossiers ont été examinés, notamment celui de la paix et de la sécurité, la question de la migration, à travers le drame des migrants africains en Libye, l’investissement et le commerce, le développement des compétences, la création d’emplois, ou encore la gouvernance. Dans une déclaration à la presse malgache, à l’issue du sommet, le Chef de l’Etat a évoqué la situation de la jeunesse africaine et le problème de la migration. Il a rappelé la proposition de Madagascar qui vise à s’attaquer aux racines du problème dans les pays d’origine, et non dans les pays d’accueil, par la mise en place d’infrastructures de base dans divers secteurs du développement. Les jeunes devraient ainsi assurer un rôle de premier plan dans le développement, entre autres dans les domaines de l’agriculture, du tourisme, ou encore celui des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Par rapport à cette approche, le Président Hery Rajaonarimampianina a souligné « le rôle fondamental, en amont, du secteur de l’éducation, ainsi que de la formation technique et professionnelle, de façon à ce que les jeunes bénéficient d’une formation adéquate et de qualité par rapport à toutes les opportunités d’emplois. »


Eviter la lourdeur des procédures
Evoquant les relations avec l’Union Européenne, notamment en termes de financement et d’aide au développement, le Président a relevé la déclaration de son homologue français, Emmanuel Macron, quant à sa vision des relations avec l’Afrique, laquelle se tourne vers l’instauration d’un partenariat plus à même de répondre aux défis de la coopération.                                                                                                               C’est dans ce sens que le Président Rajaonarimampianina s’est prononcé pour un allègement des procédures en matière de décaissement, face aux exigences de résultats et d’impacts de part et d’autre.
Revenant sur la priorité accordée au développement de l’agriculture, le Chef de l’Etat a fait valoir qu’il s’agit d’un secteur qui est à la source des activités de 80% de la population malgache, et pourvoyeur d’emplois potentiels pour les jeunes. A l’heure actuelle, dans le cadre du programme FORMAPROD, quelques 10 000 jeunes ruraux suivent une formation professionnelle. L’objectif est de contribuer à l’amélioration de la productivité agricole et à l’augmentation des revenus des exploitations agricoles familiales, par la formation, en préparant les nouvelles générations de jeunes ruraux aux métiers de l’agriculture, et, à terme, pour qu’ils puissent devenir eux-mêmes

des entrepreneurs agricoles. Le Président a souligné que « des formations, en adéquation avec les besoins d’autres secteurs en expansion, sont également mises en œuvre, car le plus important est d’avoir des ressources humaines, des jeunes, nantis des connaissances et des qualifications nécessaires par rapport aux opportunités d’emplois. »
En marge de sa participation au 5
ème Sommet Afrique-Europe, le Président de la République a eu des entretiens avec ses homologues de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, de France, du Burkina Faso, et avec le Premier Ministre de l’Île Maurice.

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