Le famadihana des hauts plateaux centraux

Vieille tradition austronésienne que l’on retrouve encore dans certaines îles d’Indonésie (Bornéo et Bangka notamment), le famadihana est un rituel d’exhumation des morts (second burial) propre surtout au peuple des hauts plateaux et qui se raréfie du fait de la christianisation. Quand le devin en donne le signal, le clan familial décide de commencer la cérémonie dite du Famadihana (« retournement des morts »). Exhumé quelques années après le décès, le défunt momifié est d’abord porté en procession avec un cortège de musiciens, puis les ossements, après une toilette rituelle, sont enveloppés dans des lambas traditionnellement en soie naturelle. La fête marque le retour définitif des ancêtres (les razana) parmi leurs descendants dont ils deviendront les protecteurs. Il s’agit bien d’une fête : la liesse est de règle, les pleurs et les lamentations sont proscrites, en revanche, on mange, on boit du rhum et on danse. Le repas traditionnel à cette fête est le vary be menaka, du riz avec de la viande grasse (avec beaucoup de graisse, parfois on ajoute de la viande de porc à la viande de zébu). La famille organisatrice peut même préparer des tenues spéciales pour bien marquer la fête. Cette coutume n’est propre qu’à certaines tribus de Madagascar et est aussi une occasion de rassembler la grande famille et une occasion de voir qui sont les personnes qui préservent leur relation avec cette grande famille (ayant répondu à l’invitation et apporté une contribution habituellement financière).

La vie des vivants est régie par les fady (interdits instaurés par les ancêtres).

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