Époque coloniale (1895-1960)

Avant la colonisation connue de tous et développée ci-dessous, un homme fut nommé premier Consul de France à Madagascar, sous le second-empire: Jean Laborde, le 12 avril 1862. Il est le précepteur du futur Roi Radama II, mais aussi confident des missionnaires, initiateur de l’industrie malgache et amant de la reine cruelle et xénophobe Ranavalona Ière.

Ce n’est véritablement qu’à la fin du xixe siècle, lors du partage de l’Afrique par les Européens à la conférence de Berlin (1884-1885), que sonne le glas de l’expansion et de l’indépendance du Royaume de Madagascar. Les politiciens malgaches jouaient jusqu’alors sur les rivalités des puissances occidentales pour conserver leur souveraineté. Le traité de Berlin attribue l’île à la France (position stratégique face aux Anglais, dans l’océan Indien). La France signe alors un traité avec le Royaume de Madagascar qui repose sur l’ambiguïté de la langue malgache et qui ne donne théoriquement aucun droit à la République française sur le Royaume de Madagascar. Mais, au fil des incidents diplomatiques, la France mène une politique de plus en plus intrusive, puis entreprend la conquête de l’île.

Conquête française

La résistance est massive, l’armée malgache parvient à repousser les premières vagues d’invasion en 1883 mais les combats décisifs suivront. Ils sont connus sous le nom de « deuxième guerre franco-malgache ».

De son côté, le gouvernement français envoie une armée de conscrits mal préparés qui progresse très lentement, la maladie faisant des ravages. On parle de 30 % de pertes liées aux maladies tropicales.

Administration française

La conquête est suivie de dix ans de guerre civile larvée, due à l’insurrection des Menalamba. Madagascar sera sous administration française du 6 août 1896 au 14 octobre 1958.

Le général Joseph Galliéni, nommé gouverneur général de Madagascar (1896-1905), contribue à pacifier l’île, non sans mesures répressives. Selon ce dernier, l’action militaire devait être accompagnée d’une aide aux peuples colonisés dans différents domaines, comme l’administration, l’économie et l’enseignement. Elle nécessitait un contact permanent avec les habitants ainsi qu’une parfaite connaissance du pays et de ses langues. Le 27 septembre 1896, l’administration française abolit l’esclavage (il s’agissait d’un esclavage inter-malgache).

Durant l’été 1897 a lieu le massacre d’Ambiky.

Sous l’impulsion de Galliéni, de nombreuses infrastructures sont mises en place : premier chemin de fer Tananarive-Tamatave (achevé en 1903), achèvement du chemin de fer de Madagascar, développement rapide du réseau routier (1905 à 1935), Institut Pasteur, écoles, etc.

Pendant la colonisation française, un enrichissement de la population malgache est constaté, reflété à travers un achat croissant de tissus. En 1907, pour la première fois depuis un siècle, les exportations malgaches sont supérieures aux importations, et le pays s’enrichit. De nombreux jeunes Malgaches vont aussi étudier en France et contribueront à faire connaître Madagascar.

La période coloniale est toutefois accompagnée de mouvements de lutte pour l’indépendance : les Menalamba, les Vy Vato Sakelika, le MDRM. Ce dernier parti politique est accusé par le régime colonial d’être à l’origine de l’insurrection de 1947 et sera poursuivi par de violentes répressions.

La répression menée contre la résistance du peuple malgache à sa colonisation aurait fait au total des dizaines de milliers de morts pour une population de 3 millions d’habitants à l’époque.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, pour contrer une possible menace japonaise sur Madagascar, l’Empire britanniquemène à partir de mai 1942 l’opération Ironclad et prend progressivement possession des points stratégiques de l’île. LesFrançais libres n’arriveront qu’en janvier 1943, provoquant une nouvelle fois des tensions entre le général de Gaulle et le gouvernement britannique.

Joueurs de valiha des Philippines et de Madagascar.

En mars 1947, l’Insurrection malgache éclate, qui entraîne une répression sanglante par l’armée française qui fait plusieurs dizaines de milliers de morts, les chiffres oscillant, selon les sources, entre une dizaine de milliers et 89 000 d’après Jacques Tronchon. Cependant, la presse française avance souvent le chiffre de 80 000 morts. De leur côté, Jean Frémigacci, maître de conférence à l’université Paris I et Lucile Rabearimanana, professeur à l’université de Tananarive retiennent les chiffres de 140 Français et 2 000 Malgaches tués par les insurgés ; entre 1 000 et 2 000 Malgaches tués par les milices d’autodéfense européennes ; enfin, entre 5 000 et 6 000 insurgés malgaches tués par l’armée française.

Territoire d’outre-mer de 1946 à 1958, Madagascar obtient un premier niveau d’autonomie le , en tant queRépublique autonome malgache au sein de la Communauté. Le 14 octobre, Philibert Tsiranana devient président du Conseil de gouvernement avant d’être élu premier président de la République le .

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