Addis Abeba : étude sur le coût de la faim en Afrique

En Afrique, 3 millions d’enfants meurent chaque année de malnutrition, 59 millions souffrent de malnutrition, et seul 1 enfant sur 5 fait l’objet d’une attention médicale adéquate. Par ailleurs, le coût de la sous-nutrition et de la malnutrition représente 1.9 à 16.5% du PIB dans 12 pays d’Afrique, dont Madagascar. Ces constats sont tirés de l’étude sur le coût de la faim en Afrique (COHA, Cost of Hunger in Africa) ; elle a été menée dans 12 pays durant l’année 2015, et 6 autres vont bientôt y participer.


Les résultats de l’étude COHA ont été présentés par le Président de la République, Hery Rajaonarimampianina, aux Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine, ce 29 janvier, à Addis Abéba. Au terme de son intervention, il a lancé un appel à ses pairs pour relever
ensemble le défi de l’accès de la population aux services de prévention et de prise en charge de la malnutrition chronique, et de tenir les engagements dans l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) pour éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, et enfin de promouvoir l’agriculture durable.


La décision de procéder à l’étude COHA a été prise lors du sommet de Malabo, en 2014, suite à l’adoption de la Déclaration sur la sécurité nutritionnelle pour une croissance économique inclusive et un développement durable en Afrique. Elle a été réalisée sous la direction de la
Commission de l’Union Africaine
1. Il s’agissait d’évaluer l’ampleur de la malnutrition en Afrique, en démontrant ses conséquences profondes sur le développement économique et social. Les résultats sont acquis pour 12 pays2, dont Madagascar, tandis que des discussions sont entamées pour 6 autres. La Commission de l’UA dispose actuellement d’un ensemble de données, démontrant qu’il est fondamental de se focaliser sur la nutrition des enfants3 : 3 millions meurent chaque année de malnutrition, et 59 millions d’autres en sont victimes. La sous-nutrition et la malnutrition constituent un véritable frein au développement social et économique. En effet, le coût annuel lié à la sous-nutrition infantile représente 1,9% à 16% du PIB de chaque pays, et seul 1 enfant sur 5 souffrant de sous-nutrition fait l’objet d’une attention médicale adéquate. Par ailleurs, la majorité des coûts de santé associés à la sous-nutrition ont lieu au cours des 12 premiers mois de la vie de l’enfant, tandis qu’au niveau de la scolarité 1 à 12% des redoublements sont associés au retard de croissance.


En terminant la présentation de l’étude sur le coût de la faim en Afrique, le Président Hery Rajaonarimampianina a indiqué que des actions sont mises en œuvre dans plusieurs pays. En Ethiopie, un filet social de sécurité est mis en œuvre, couplé à un plan d’action ; le Lesotho
développe une politique nationale sur l’alimentation et la nutrition ; en Ouganda le retard de croissance est reconnu comme étant un indicateur clé de développement ; au Swaziland le plan national d’investissement agricole a incorporé des objectifs en matière de nutrition, y compris en matière de réduction de retard de croissance. Pour ce qui concerne Madagascar, il a indiqué que la COHA est à l’origine du Plan National d’Action pour la Nutrition 2017-2021.

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